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TRADUIT DE l'aX-LEMAND \ Avec UN NOUVEAU SUPPLÉMENT DE L'AUTEUR. ICÔNIGSBERG, 1796. cutz TKàoéRic Nicoiorxos. AJa paix éternelle. VJette^ îiifcriptioii iatyrique, gravée par** > un Aubergifie hollandois fur fon enleigne, ^5 où il avoit fait peindre un cimetière, avoit- |r\«ne pour objet les hommes en général, 1^ OU; particulièrement les Souverains, infa- l> tîables de guerre, ou bien les philofophes, qui fe livrent au beau fonge d'une paix perpétuelle? voilà ce que nous ne fau- rions décider. Quo^u'il en foit, l'Auteur de cet écrit le publie fous une feule con- dition: la voici. ' Le Politique pratique a coutume dd témoigner au faifeur de théories autant de dédain, qu'ail a de complaifance pour^ A 1 lui-même. A fes yeux, ce dernier n'el qu'un pédant d* école, dont les idée creufes ne portent jamais préjudice ; r£tat> auquel il faut des princi|ies dé duits de Texpérience; qu'un joueur inii gniEant, à qui' il permet de faire, de fui te, tous fes coups, fans avoir beloin d prendre, dans fa fagelTe, des mefures coi tre lui. Voilà Tufagé. Que Tbomme à'i tat daigne donc être conléquent; et Ii par bazard, il découvre dans cet écrit de idées oppofées aux Iienhes; qu'il n'imî gine pas voir un danger pour TE tat, dar ^es opinions bazardées à l'aventure t publiées avec francbife. Claufe de pr^ caution, par laquelle l'auteur prétend e? preiTément fe garanti* en bonne et du forme, de toute interprétation itidigue. Première Section, qui contient les articles prcliminaiies d^une pûx perpétuelle. I. „vJn ne regardera pas comme ra- „lide tout traité de paix, ou ron ^fé réferveroit tacitement la ma' ,,tière d'une nouvelle guerre**. Un pareil traité ne feroit qu'une iîm- p*le trêve, tme furpenlion et non une cef- (ation entière d*hoftilités. Nommer une telle paix perpétuelle, c^efl la charger d^une A 2 épithète oifeufe, qui la rend même ius- pecte. Un traité de paix doit anéantir tous les lujets de recommencer la guerre préfens ou à venir, et même encore in- connus aux parties cokitractantes, fuHent- ils déterrés dans les documens poudreux des arcLives, par la fagacltc la plus raffi- née. Se réferver tacitement des préten- tions, fans les déclarer, parcequon elt trop épuifé pour continuer la guerre; compter fur d'anciennes et d'obfcxu-es pré- tentions, qu'on pourra imaginer dans la fuite > avec la mauvaife intention de les faire valoir à la première occa/Ion favo- rable; une telle reflriclion mentale peut, tout au plus, convenir ù quelque cafuiitc Jéfuite; envîfagée en elle même, elle eft au delTous de la dignité des Souverains, comme il eSt au deiVous de la dj:::nlt('} d'un Miniftre, de fe pristoi & faire des déduc- tions de cette erjiùcr. ; Mais, ii'^ en conféqucBce des lumi- neux principes de la Politique > , on fait conMer la gloire de Tétat dans un ao croilTement perpétuel, par des moyens, quelconques j — mon raifonnement ji'eft évidemment qu'une pédanterie fcliobi- ftiquc, , . ' • » II. ,>Tput Etat, qu'il foit grand oi^ j^petit, ne pourra jamais palier ^h '„pouvoir d'un autre Etat, ni par .;5,échange, ni .à t^tre d'achat ou de „donation". Un Etat n'eft pas un patrimoine, comme le fol où il fe trouve. C'eft une tciété d'hommes, dont l'Etat feul ofe fpofer en maître. C'efi un trdne qui a fes propres raciQes. L'incorporer à i^ autre Etat, comme une limple greffe^ c'eil lé réduire, de perfonne morale qu'il étoit, à l'état d'ime chofe; ce qui con> tredit l'idée du contract /ocial, ians le- 6 quel on ne Ikaroît 'conceroîr de droit fur un peuple *)• Chacun fait à quels dangers TEuro pe, feule partie du monde où cet abus ait jeu lieu, s'eft vue expofée^ jufqu'à nos jours, par une fuite du préjugé mer- cantile que les Etats peuvent s'époufer les uns les autres; nouveau genre d*in- duftrie , par où Ton obtient , au moyen de traités de famille et fans aucune dé* pénfe de forces, ou lin excès de puiJTance, ou un prodigieux accroilTement de ào» inaine3» — *) Un Royaume liérédittire n'eft pas un Etat^ qui puilTe'paflèr à un ftuti-e Etat, mais dont le droit adtmiiiltratif peut être hérité par »»e autre pçrfonnç pjiyfiquc. I^'Etat »<> ^uieit jilors un chef: mais celui-ci, entant que cEef ou maître d'un âutx'c Royaume, n'ac quiçft pas TEttit. 7 Far tme conréquenoe du même pnn* clpe, il e& interdit à tout Etat de ipettre des troupes à la folde d*un autre £tal; contre un* ennemi qui n^elt pas commua à tous deux; car, c'e& employer \q^ fujet^ comme des choies, dont on peut difpoler à fon gré. m. ,,Les troupes réglées (miles per» ,,petuus} doivent être abolies „avec le temps". Car étant . toujouis psetes à agir, elles menacent fans celle d'autres Etats et le^ excitent à augmenter à Tiu^ni le nombre des hommes aimés. Cette rivalité, fource inépuifable de dépenfes, qui rendent la paix*plu9 onéreiife qu'une courte gueire, fait même enLreprendre quelquefois de im tréi pour la guerre» fupérieur à celui de to les autres Etats pris cnfemble, et qui peuli- s'épuifer à la longue, que par déchet des taxes; (épuifement bien retj dé encore par la réaction favorable < crédit fur le commerce et fur rinduitric Cette facilité de faire la guerre, join au penchant naturel qui femble y port les hommes, dèsqu^ils eu ont le pouvo eft un très grand obfiade à la paix ét< xielle; Et ce qui autorife d^ailleurs à < exiger Tabolition, comme un article pi liminaire de cette pacification, c^elt qu tôt ou tard, il en rélulteroit une banqu route nationale, par où pluHeurs Etat qui en foufii-iroient innocemment, fe tro veroient ouvertement léfcs. Ils- font don pour le moins, en droit de fe liguer co ire un Etat qui le peimet de pareijle;s m fures, attentoires à leur fureté, , XI V. „Aucuii Etat ne doit s^lngèrer de '^tfoTce dans la conftitution, ni dans ,,le gouvernement d'un «utre Etat*'* Qu'eft-ce qui peut l'y autoriler ? Peut» être le fcandale donné aux fujets de quel- que autre Souverain? Mais Veicemple de l'anarchie peut au contraire les inftruire du danger qu'on court à s'y expofer. D'ailleurs le mauvais exemple qu'un être, libre donne aux autres, n'eit qu'un Ican* dale pris, et nullement une Jéfion de leurs droits. ^^ Il en feroit tout autre- ment d'une révolution qui divifqroit vu Etat en deux Etjats différons, dont cha- cun {formeroit des prétentions au tout. Comme il n'y 9 point alors de gouverne- ment, ce n'eft pas s^ingérer do la conlli- tution de cet état anarchique, que de prêter du fecburs à l'un des partis. Mais tant que ces dilTentioiis ne feroient ,pas parvenues à ce point, des puilEunces étran* gères ne pourroiant y prendre part, laaa léfer lés droite d*iuie nation indépendan- te > réduite à lutfe^r contre des maux in- trinlèques; ce feroit là un Icandale donné, <[ui rendroit incertaine Tautonomie de tous les Etats. VJ. „On ne doit pas le permettre, dans „une guerre, des hoUilités qui fe- ,,Toient de nature à rendre impof- ,,(ible la confiance réciproque, quand „il fera queltion de la paix. Tei- lles feroient Tufage qu'on feroit ,,d'allallln8 ou d'empoifonneurs, la ^violation d'une capitulation, Ten- ,,couragement fecret à la rebal* ,,Uon etc.. Ce font là des ftratagèities déshono- jans. Il faut qu^'il relte, même dans la guerre, uiie forte de' confiance dans les ]»iincipes de Tennpmi, autrement on ne pourroit jamais conclurre de pafx; et les hs^Ailités dégénéreroient - er». une guerre à outrance (bellum intente éinum^l tandis que la giierre n!elk au fonds que !& triite rellburce qu'il faut.empjoyef dan» rétat de patucè pour défendre les droits» la force y - tenant lieu de tribunaux jurit digues, 't- Aucun des deux .partis ^e- peut ^ve aôciiréid*iiijuAi<^e, puisqu'il faudroit pot|r cela iule' fentence;' de dick; mait rifTuë dnt pombat décide, çomhia «utréfoi» dans lee'^^U'g^e m«n*s de >XH eu, de i quel coté eB: le bon droit; pidsqu'«ntré de» Etats il ne fiauroit y avoir de guerre do- punition , n'y ayant pas entre eux de sub- ordination — Une guerre à outrance , pouvant entraîner la defiruction des deux partis à la fois , avec l-anéantiiTemetit de tout droit, ne permettreit la copcjufio.i^ de la paix étemelle, que dans le va^ cimetière de - r.efpèce humaine.., Il fauj: donc abfolument interdire ..une pareillf guerre, aulïi bien que, lea nioyens qui. y conduiTent Or de ce genre font certaif nement les pratiques infernales dont il eft fait mention dans cet article. - Infâmes par elles ^njémeâ, quand ime fois elles font uiitéeSy «lies ne cèdent pas même avec la guelre , comme Tufàge des efpionSf où Ton profite feulement de Tinfamie d^autrui, (indignité dont Tefpèc^ bumaine ne fera jamais totalement pur- gée) ; mais les pratiques y que ]e 'Cenfuie, referont en niage même après la paix qu^elles rendront inutile. Quoique les loix indiquées foieut tou- tes des loix prohibitives, en tant qu'on les enyilage objectivement et telles qu*elles doivent être dans Tintentiçn. des Fuiiïances, il y en a cependant quelques unes de ftrictes, qui exigent une exé- cution prompte et abfolue. Telles font lA les n*. 1, ^^5, 6» D'autres fcoxnme les' n*. 2î 3î 4) ^a^s^ faire exception à la règle du droit, font moins rigoureu- fes (loges latae^ parceque leur bb- - fervation dépend de oirconltances locales et accidentelles, qui peuvent en retarder l'exécution, fans qu'il foit permis néan- moins d'en perdre entièrement le but de vue et de remettre aux KalendesGrec- ques (pour me fervir d^une exprelïion d'AuguHe) les refiitutions à faire aux Etats qui ont été léfés, (n^. 2) ce qui feroit annuller la loi qui l'ordonne. Mais ce délai même n'eit permis, que pour empê- cher une ^précipitation qui pouiToit nuire au but qu'on fe propofe. La loi prohi- bitive, contenue dans cet article 2, nç flétennine que pour l'avenir le mode d'ac- (juiJfîtion légitime, fans avoir un effet ré- troactif; la poITeflion actuelle, fans être jufiè et Jégale en elle même, ayant été if 1 I ■I x6 généralement réputée telle , k Tépoqi àt la prétendue acquilition. *) *) Ce n'eit pas fans raifon qu^on a été iuct tain jasqu^à préfent, H^ o\itrc lô précept (leges praeceptivae) et la defenfe (leg( proliibitivae), il y a encore des loi permiffives (leges permiff ivae.) C la loi, en général, fuppofe une nécè/Iitc m raie d'agir; une permiUion, au contraire, poilibilitc morale des actions dans certains c donnés ; une loi permiflive obligeroit donc fai reitriction à une action, qui ne feroit -ptCùh que fous certaines conditions : ce qui imp] queroit contradictioM , G. Tobjet de la loi éto le même fous l'un et l'autre rapport. Or dai la loi permiilive dont il s'agit, la défen ne fe rapporte qu'au mode d'acqui/ition futu] (p. e. par hérédité); mais la permillîon qi j ■ annuïlc cette défenfe regarde l'état de polTeiEG ' , actuelle. Dans le paUage de l'état de natuj à l'eut civil, cett© po/Te/Ron putative, quoiqi illégale, peut néanmoins être maintenue comn I \ lionnète, en vertu d'une permi/Gon du dro ) ■* natureL Mais il ne faut pas que fon illég )..' • li 17 iité foit reconnue ; Cftr da moment o A , AtoU Veut âe nature y ane pofle/Eon putative, ^el dans Tétat civil, une acqui/ltiori pareille, font tecoilxines comme injustes , elles né fani-oient plus avoir lieu, parcequ^elles deviennent aloré une léfion de» droits. Je n^ai voulu que axer, en pafTant, P^ttefi* tion des I>octenr9 du droit naturel, Atr Viàé$ des loix de pérmiiRon, qui s*o5re d'elle*mémé i tout efprie fyHémafiqtie ; principalement ^ pareeqn^on eA fait nn nfage fi fréquent dans les loix civiles, qnoiqn^ avée cett« di/Téreueei la défenfe y eft cxprcfle et abfolue, et la pei-- miflion n'y eft pas inférée comme condition reffarictive, airtii quelle devroit l'être, mais elle fe trouve" paruci les exceptions. Nous défendons ceci ou cela, y eft il dit, exceptez N®. 1, 2, 3 jusqu'à l'infini. Les exceptions n'y font pas jointes à la loi d'après un principe fixe, mais au liazard et en parcourant à l*aveu- gle les divers cas qui fe rencontrent; car, fans cela, les reftrictions feroient toujours inférées dans la fomiule de défenfe, qui deviendroit par là une loi permifRve — Au/G eft-il très fâ- cheux, que l'on ait lîtot abandoimé la queltion propofée par Mr. le Comte de Windifdi- grâtz. B Ce fage profond avoit précifément inûAé [ux le point dont il s^agit^ dans fon problêmo ingénieux qui relie encore à refondre. En effet y on ne fera en droit de fe promettre une législation immuable et permanente, que lors- qu'on aura démontré la poilibilité d'une for- mule mathématique qui ferre de fondement aux loix. Sans elle on aura bien des loix générales, qu'on appliquera a un grand nom- bre de cas, mais point de loix univerfelles , qui foyent applicables à tous le$ cas, comme ]L*idée d'une loi fembleroit l'exigen ^9 Seconde Section, qui'contitfat les articles dâBniti£a de la paix perpétuelle. J; our les hommes, Tétat de nature n*eft pas un état de paix, mais de guene, il non ouverte, au moins toujours prête à B^alliunér. Il faut donc que Tétat de paix foit établi; car, pour être à Tabii de tout acte d^holHlité) il ne CnSît pas quHl ne s*en coiiimette point; il faut qu^un voiHn gatantilTe à l'autre fa fureté perfonnelle; ce qui ne fauroit avoir lieu que dans un état de législation; fans quoi Tun eli: en droit de traiter l'autre en ennemi, après B 2 lui avoir inutilement demandé cette ga- rantie. •) *) L^opinion coramime cA, qu*on n^ofe agir hollilenient que contre un aggrelTeur; et cela cft vrai, fuppofé que Tun et l'autre vivent dans un eut de législation civile. Car, en y entrant, ils fe garantifTent réciproquement la fnreté requife, par robéUTance commune qu'ils prêtent au Souverain. Mais Phomme ou le peuple, qui vit daus Tétat de nature, me prive de cette fureté et m'attaque fans être aggre/Teur, par cela même qu'il fe trouve à côté de moi dans un eut d'anarchie et fans loix; menacé fans cefle ' de fa part d'hoftilités contre lesqucl- les je n'ai point de garant, je fuis en droit de le contraindre, foit, i s'aflbcier avec moi fous l'empire de loix communes, foit â quitter mon voifinage. Voici donc le principe fur lequel tous les articles fuivans font établis: Tous les hommes, qui influent les uns fur les autres, doivent avoir une conflitution civile; Or toute conflitution légitime, couiidérée quant aux perfonnes qui en font l'objet, eR. i) ou conforme au droit civil et fe borne â un peutple (jus civitatis). Premier article dcBnitif pour la paii^ perpotuelle. Ha conftUudon civile de chaque Etat doit être républicaine, La feule conllitutlon qui réfulte de Tidee du pacte focial, fur lequel doit fe fonder â) ou au droit des gens et règle les re- lations des peuples entr'eux (jus g en. tiuin.) 5) ou au droit eosmopolitiquey en tant que les hommes , ou les Etats , font conlidérés comme inAuans les uns furies autres en qualité de parties conlUtuantes du grand Etat du genre humain (jus € o s m o p o 1 i t i c u m.) Cette divifion n'eft pas arbitraire; Tidée d^une pabc éternelle la néce/Iite. Car, fuppofes que fous un de ces trois rapports deux peuples foyeat dans Potat de nature, et dans une influen- ce pliyiique réciproque, anlTitot renaitroit Tétat de guerre» -dont il s'agi( d'ètie délivré. 22 toute bonne législation d*un peuple, e& la coiUtitution républicaine *), Elle feule *) L4 liberté légale et par conféquent extérieure, n*ell pas> comme on la délînit d^or- dinaire, la faculté de faire tout ce qu^on veut, pouryuqu^on ne nuife pas à autrui. Elle con- £ile 1 n*obéir qu*â des loix auxquelles j^aie pu donner mon alfentiment. De même, 1 * é g a* lité légale dans un état, eit le rapport des citoyens entr^eux, fuivant lequel Tuu ne lau- Joit obliger Tautre j*uridiquementy fans que celui-ci ne fe foumette aufli à la loi de pou- voir être obligé à^ fon tour de la même ma- nière. Lie principe de la fouroiffion aux loix, étant déjà compris fous l*idée d*une con- Aitution en général, ne demande pas d^expli- cation particulière. L^inviolabilité de ces droits innés et ineu prefcriptibles de Thomme, fe manifefte plus' glorieufement encore, lorsqu^on fe l'epréfente rbomme en relation avec des êtres d'une na« ture fupérieure, comme eitoyen d^un monde dlntelligences. — Car, en commençant par ma liberté, les loix de Dieu même, qui ne peuvent m^être révélées que par U raifon^ ■j HT" «3 elt établie, fur des principes compatibles, 1, avec la liberté qui convient à tous les ne font obligatoires pour moi 9 qu*aatant que j'ai pu concourir à leur formation, puisque je ne parviens à oonnoitre la volonté do Dieu, qiie par la loi que ma propre raifon impofe 1 ma liberté, en m'élevant au de/Tus delà néccl&té des loix de la nature. Quant au principe d * é g t- ' 1 i t é , qud.que relevée que foit la nature d^un être, fut*il le plus grand après Dieu, (comme le graud Aeon des Gnoltique») A .je fais moiv devoir dans le pofte, qui m^eH alEgué, comme lui dons le ùan, il n'y a pas- de raifon, pour laquelle j'aie uniquement ^obligation d*obéir et lui, le droit de commander. Ce qui fait que le principe d'égalité n'est pas appH* cable à nos relations avec Dieu, c'eli que de tous les êtres, il eR. la feul qu'on ne puifle pas fe rcpréfenter fournis au devoir. S'agit -fil du droit d'égalité commun à tous les citoyens, en qualité de fujets? pour déci- der li l'on peut tolérer une nobleffe lïéré^ ditaire, il fuf&ra de demander; la préémi- nenoe du rang, accordée par.l'iPtat, doit -elle être antérieure au mérite, ou Te mérite doit- ■lembres d*ime fodété, en qualité d*boiii> mes ; 9i 9veo la foumilllon de tous à uile législation commune^ comme fujets » et en- fin 5, avec le dioit d'égalité, qu' ils ont tous, comme membres de r£tat« Il u' y a donc que cette couftitution, qui, rela« il y être au rang? Or, il e& évident, que Si Im. dignité tient à It nailTance^ le mérite fert incertain, et par conféquent, il vandi-oit tont antant accov«^er le commandement à un favori lans aucnn mérite; ce qui 4e fauroit jamais être décréta par la volonté univerfelle du peuple dans le pacte focial, unique fonde* ment de tous les droits. Car &. la nsiflanc« donne la noblelTe, elle ne donne pas, pour cela, la noble/Te de Tefprit et du coeur. Il en eft tout autrement de la nobleHe ou do la dignité attachée aux magiitrattures , quo la mérite feui peut obtenir. Le rang n*y tient pas à la perfonnp, mais au poUe, et ee genre de noblelTe n'altère pas Pégalité , par» cequ*en quittant le pofte, on renonce au rang qu'il donnoit, pour rentrer 44)i9 U clalTç du peuple. *5 tivement au, droit, farve de baie primitive à toutes les confiitutions civiles; reKe a favoirvfi elle elt auiJd la feule qui puiiTo amener une paix pei-pétuelle. Or en exa- minant la nature de cette confUtution , ja trouve, qu' outre la pureté de fon origi- ne qui tient à Tidée même du droit, elle proniet au^ les plus heureux effets et peut feule nous faire espérer une pacLfir cation permanente. Voici de quelle nière. Suivant le mode de cette confiitutipn, il faut que chaque citoyen concourrez par fon aJTentiment, à décider la queftion; „fi Ton fera la gueiTe, ou non,'*- Or dé- créter la guerre, n'elt-ce-pas, pour des tûyensy décréter contre eux-mêmes toutes A les calamités de la guerre : favoir, de com- battre en perfonne; de fournir de leurs propres moyens aux frais de la guerre i /' de réparer péniblement les dévafiatiops (^ qu* elle caufe; et pour comble de maux, ^ M M6 de Te charger enfin ie tout le poids d*une dette nationale, qui rendra la paix même tmère et ne pourra jamais être acquittée, puîsqu' il y aura toujours de nouvelles guerres. Certes l'on fe gardera bien de précipiter une entreprifé auQi hazardeufe. Au lieu que dans une conIHtution, oii les fujets ne font pas citoyens de TEtat, o'eft à dire, qui n'eft pas républicaine, une dé*- daration de guerre eft la chofe du monde la plus aifcé à décider; puisqu' elle ne ( coûte pas BU chef, propiié taire et non ; pas membre de TEtat, le moindre facriiice I de Tes plaiUrs de la table , de la chalTe , / de la campagne, de la cour etc. Il peut • donc réfoudre une guerre, comme une • partie de plailir, par les raifons les plus frivoles et en abandonner avec indiffé- rence la juftilicûtion , qu' exige la bienfé* ancc, au corps diplomatique, qui fera totu jours prêt à la faire. «7 Pour empêcher qu^oii ne confonde ^ comme cela le fait communément, la con^ ftitution républicnine avec ,1a démocrati* que, il* faut faire les obfervations fuiyantea« Les formes d*un Etat peuvent être di« vlTées, foit, félon les perfonnes qui jouïs- fent du fouverain pouvoir, foit d*après le mode d'administration dont ufe le chef quelconque du peuple. La première s'ap- pelle la forme du Souverain (forma imperii) et il ne peut y eu avoir que trois; Tautocratie, quand un feul a le pouvoir fupréme ; Tariltocratie, quand pluûeurs le partagent; la démocrati.e^ quand tous les membres de la fociété 1*0^ eroent« L'autre forme e& celle du gouver- nement (forma regiminis); c'eil le mode confiitutionnel fuivant lequel la vo* Jonté générale du peuple a décidé que f'exerceroit fou pouvoir; et fous ce rap- port, elle eft ou répubjicaine^ou def-* 28 potique Le Répnblicanisme eft le principe politique, fuivant lequel on ré- pare le pouvoir exécutif (le gouvemo- ment) du législatif. Le Despotisme, I celui où le législateur exécute fes pro- pres loix, par conléquent c*elt la volonté particulière dû chef fubftituée à la volonté publique. La Démocratie e& nécellai- remeut despotisme, puisqu'elle éta- blit un pouvoir exécutif contraire à la volonté générale ; tous pouvant y décider contre un leul dont Ta vis e& di£Férent;la volonté de tous , n' y qA donc pas celle de tous: ce qui^ eft contradictoiro et op- pofé à la liberté. Toute forme de gouvernement, qui n'eftpas repréfentjative, n'en eft point: le législateur pouvant tout auÛI peu fe réu- nir dans la même perfonne avec Texécu- teur de la volonté, que dans un fyllogia- me Tuniverfel de la majeure peut fervir de particulière dans la mineme. Quoique ^9 . rariftocratie et Tautocratie foient défectueiifes, en ce qu'elles font fiifcepti- bles du vice dont je parle , elles renfer- ment néanmoins la poUibilité d'une admi* nlRi'atiçn repréfentative , ainli que Fré- déric n Pinfinuoit du moins en difantt qu'il étoit le premier lerviteur de l'Etat; *) au lieu que la Démocratie rend la re- 1 préfentation impoIGble, chacun y voulant | *) On a fouvent blâmé ^ comme des flatte- ries gro/Rères et enÎTi-antes, les épithètes fu- blinies d^Oint du Seigneur, d^£xécuteur de la volonté divine, de Repréfentant de Dieu, qu^o^ prodigue aux Souverains. Mais je trouve qu'on les blâme fans raifon. X^oin d'enorgueillir un Monarque, ces fumoms doivent rinmiilier, s'il a de Tefprit, comme on doit pourtant le fup- pofer et s'il penfe, qu'il s'eit chargé d'un em- ploi, fupérieur aux forces d'un homme, favoir; protéger ce que Dieu t de plus facré fur la terrt,les droits de Phomme,^et qu'il doit craindre fans ceiFe d*avoir porté quelque . atteinte â ce gage chéri de la Divinité. h 30 faire le maître. On peut donc aflurer, que plus le nombre des gouvernans eft petit et leur repréfentation étendue , plus la conFtiiution fe rapproche du républica- nisme et pourra y être portée par des réformes fuccelTives. Voilà pourquoi il efi plus difficile de t parvenir à cette forme de gouvernement, la feule qui réponde parfaitement aux droits de rhomme, dans ime ariltocratie, que dans une monarchie ; et dans un Etat démocratique il eft même impolïîble d'y arriver» G. ce n'eH par des révolutiona violentes. Et cependant la forme du gouverne^ ment eft bien autrement importante pour un peuple que la forme du Souverain, *) *) Mallet du Pan, dans Ton langage pom- peufemenc vide de feus, prétend être parvenu enfin, après une longue expérience, à'f« con» vaincre de la vérité de ce mot connu de Pope i 5» quoique le plus ou le moins de rapport de cette dernière arec le but dont je parle,- ne foi t rien moins qu'indiiFérent. Or p oui: être pleinement conforme au principe du droit, il faut que la forme du gouverne* ment Toit répréfentatiye. £lle feule per- yylailTe les fots dirp'uter fur le meilleur gou^ ^yVemement: le mieux adininiltré, eR. le meil- ,,leur.** Si cela veut dire : que TEtat le mieux adminiUré eft le mieux adminiitvé, il a, pour me fervir âe rexprefllon de Swift, cafTé une noix, pour avoir un ver. Mais ce mot doit-il Iîe;niiîer, que dans TEtat le mieux adminiih'é le gouvernement e/t le meilleur, quant â fa con/ticution , rien alors de plus faux; car une bonne adminiftration ne prouve rien en faveur du gouvernement.— Qui a mieux régné que Titus etMarc-Aurèle? et néanmoins Tun eut pour fuccefleur unDomitien, l^autre uni Commode; ce qui n^auroit jamais eu liea dans une bonne conltitntion, leur inaptitude à ce pofte ayant été alTez tôt reconnue, et le pouvoir dtt Souveriun étant allez grand poup les exclurre. 32 met le républicanisme; fans elle le gou- Terneraent eft arbitraire et defpotique, quelle que foit d'ailleurs la conftitution. — De toutes les anciennes foit-difant 'Hé* publiques, il n'en eft aucune qui ait connu ce fyftème ; auITi a - t - il fallu qn*ell«s aboutilTent toutes au Delpotisme, quoi* que le moins infupportable de tous > à celui d*un feul. Second article définitif pour la paix perpétuelle. R faut que le droit public foit fondé fur mnê fédération d^Etats libres. Il en eft des peuples, en tant qu^Etats, comme des individus; s*ils vivent dans réiat de nature et fans loix, leur voifi- nage feul eft un acte de léfion. L*un peut, pour garantir fa fureté, exiger de Tautr» qu'il 35; qu*il établi/îe avec lui une xonftitultiQh» qui garantiiré à tous leurs droits. Ce fen roifc lÀ une fédération de peuple^ , lans;: que 'oes peuples forma/Tent néanmoins .u4i feul et même £tat> Tidée d'Etat fuppoûint le rapport d'un Souverain au peupla ^ d'uni fupérieur à fon inférieur.^ Or. . pluHeuriii peuples f réùnià en un même Etat 9 n'en foimeroient plus qu'un feul; ce qui conri tredit la >&ppoIItion ^ vu qu'il s'agit ici des droits réciproques des peuples ;,. ieni tant qu'ils compbfent Une multitude d'Etats différénS) qui ne doivent;, pas le confoii<^ dre en un leul et même Etat« Quand ' nbiu voyons les Sauvages préférer dans leur anarchie, les corn* bats perpétuels^ d'une liberté déréglée* à une liberté raifonnable^ fondée fur un ordre conftitutionnel) pouvons -nous nous empêcher d'envilager avec, le plus pro* fond mépris cette dégradation animale" de l'humanité, et de rougir de l'aviMement* C 3* dcu le mmque de idviuùjdtxn nsdnit lest hflimnes ? Combien pius. ne Ijonûtroxi. jata^ âttUiB à cmiiB qne des pen^e» oiwlilBfi»} (ioiit chacun fonne un Etat aanâituâ»,du£- Ogttt fe hàbBT' de Ibitù: ii!tin. aidxB- d& duh* fin aiiiE: ignaminisnaL? Qhb: ^ayana-ngmoi JU. ooatxairB? Qiegnir £laC; £iit oanii&sc i» majefté (car il eib ahlîirde^ «Be padec dft la- aiBjV»fté d'un perxpLe) pnfiTÎfnwifnt, » b* dépendre &t le confii» tuer en république, (gouyemement, qui par Eà nature , doit incliner à une paix perpétuelle) il y auroit dès -lors un cen- tre pour cette aiTociation fédérative ; d'aur très Ertats pourroiont y adhérer pour gi^ rantir leur liberté d'après les principes du droit public, et cette alliance pourroit s'étendre infenJiblemeQt. Qu'un peuple puilTe dire : ,^1 ne doil ,,pointy avoir de guerre entse noust con* „ftituons - nous en un £tat;:c^efi: à. dire, ^établilTons nous-mêmes une puillance lé* ^gislatiye, executive et judiciaire qui dé* 9,cide nos • ài/Férents ^^ cela Ce conçoit. Mais fi cet Etat difoît: „il ne . doit 9,point y avoir de guerre entre nous et ,,d'antres Etats, quoique je ne reconnoiiTe „pas'de pouvoir fupréme, qui garantilTe ,,nps droits réciproques;^^ fur quoi fon« der celte confiance en fe»>^oit8, fi- ce u'eft fur ce fédéralisme libres XopplémeM 40 du pacte focial, que 11 railon doit compren* drefous le nom de droit public^ pouir que ce terme ne foît pas abfolument vido de fena. Li'expreilîon de droit public, prife dans le lens de dxpit de guerre, ne préfente proprement aucune idée à Tefprit ; puis- qu'on entend alors par là la facul^ do décider le droite non d'après des lois' uni*- verfelles qui relhreignent dans les mêmes limites tous ies individus, mais d*après des fnsKÎmes: partielles, lavoir par la force. A moins qu'on ne veuille infi* nuer par cette exprellîon, qu'il eft de dtoit, que des hommes qui adme^ent de pareils principes Te dévorent 'les ims les autres !et ne tcouvent la paix étemelle que dans im vafte tombeau qui les en* gloutilTe eux ei leurs forfaits. Au tribunal de la raifon, il n y a' qu*un feul moyen ide tirer les Etats de cette iituàtion turbulente, où ils fe voient tou- jours menac^.;dç la gueii», favpir: de 4x renoncer t cgnune les particuliers, à la liberté anarchique des lauvages , pour fe foiunettre à dés loix co^rciûves, et for- mer ainû un Etat dé nations (civitas gentium) qui embralTe infenfiblement tous les peiftples de la terre. Or comme le^ idées qu'ils fe font du droit public | les . ismpéçhent abfolument de réalifer ce plan , et leur font rejetter dans la prati- que, ce qui eft yrai dans la tbéorie, on ne peut substituer (li Von ne veut pas tout perdre) à l'idée poûtive d'une répu- blique univerfelle, que le ftipplément né- gatif d*une alliance permanente, qui em- pêche la guerre et s'étende infenfiblement pour arrêter le torrent de ces pallions in- îufies et inhumaines, qui menaceront tou- jours de rompre cette digue *}, Fur or impius infus /remU bgrfidus ore êruento^ Virgile^ ■ ■ ' ■ I' ■"■ " t» ■ I ■"' '■■ft " ■■" ■ ' ' *■ ') Il;àe contiendroit pas iii«l à un peu* pie, de célébrer, après uii« gœign^ i U 4uit« 4« Troîfième article définitif j>our la f^^^ perpétuelle. Le droit cosmopoUtiqwB doit Je borner mux eonr ditiont d*tuu hoJpitaUté mlAferfeUe. Il s*agît dans cet article, comme dan9 les précédens, du droit, non de la phîlan* thropie. Hofpitalité lignifie donc uni- quement le droit qu^a chaque étranger de ne pas être traité en ennemii dans, le pays où il arrive. On peut refuser de le re- des actions de grâces pour la paix, un jeûna folemnel, pour demander pardon â Dieu du crime que TEtat vient de commettra et que le genre humain fe permet encore toujours, de refafer dé vivre avec les autres peuples daitt uJa ordre légal, auquel, jjdoux d*une oi^ueilleufe indépendance, il préfère le moyen barbare de la guerre, £uis qu* elle lui procure ce qu'il veut, la jouiflance aHuréo de les drgitSw Lee actions de grâeei 45 cevoir, fi on le peut lans compromettre fon exiâence; mais on n'ofe pas agir ho« iUlement contre lui , , tant qu'il n'offenfe perfonne. Il n'eft pas queftion du droit à%txe reçu et admis dans la maifon d'un particulier; cet ufage bienfailant demande des conventions particulières. On ne parle que du droit qu'ont tous les homr mes |de demander aux éjtrangers d'entrée dans leur lociété; dr<^t .{oi>j^é fur celui de la poflefllon commune de la furface do la terre, dont la forme sphèrique les obli- ge à fe fupporter les uns >k côté des au- qui fe rendent diuranç la guerre 9 les bymnes qu^on cliante, en vrais Juifs, au Seigneur des armées 9 ne contraftent pas . moins avec Vidée morale du père des hommes ; «lies annoncent une coupable indifférence pour les principes > que les peuples devroient fuivre dans I4 défenfe de leurs droits et expriment une joye infernale d*avoir '^é bien des bontiirés^ ou anéanti leur' bonheur. • ; 44 très, parcequ'ils ne iiskùroient s'y diFperfer à rinlini et qu'originairement Pun n^apas plus de droit que Tautre à une contrée. La mer et des défevts inhabitables divi- fent la furface de la terre, mais le vét feau et le chameau, ce navire du défert, rétahliiTent la communication, et faciliteiit à Telpèce humaine Texercice du droit qu'ils ont tous de profiter en commiin de cette furface. L^inhofpitalité des habitans des côtes (p. e. des côtes barbare8qiies)t Tufage qu*ils ont de prendre les vaiHe^ux dans les mers voilines, ou de réduire à Tefclavage les malheureux qui échouent contre le rivage ; le droit barbare qa'exe^ cent les Arabes Béduins dans leyrs |dé- lerts fablonneux, de piller tous c6ux qui approchent de leurs tribus errantes , tou- tes ces coutumes font donc contraires aux 4roits de la nature, qui néanmoins, en curdQnnan^ rbolipi^Uté, Je contente da fixer les conditions rfous lesquelles on 4» |)6ut ellâiyer de former des - liaifons: avM les indigènes d^un pays. > De cette ma-^ nièrèdes végioné éloignées les unes dei autres , ^ peuvent contructer des relation» amicales, lanctionnées enflU^par des loiac publiques V et le génrë*bumain- fe rapproj-^ cher ^nfen^blement d'Une oonftitution èos- luopolitique. , , ^ . «.d /• A quelle diftaïkce de cette perfectionf ne font pas les nations civilifées et fur«' tout les nations commerçantes i de l'Euro^, pe? A quel excès d'injufiice ne lesToit^ on pas fe porter, quand elles v^imt décou^î vrir des pays et des peuples étrangers |t (ce qui lignifie chez elles'' les Conquérir) L'Amérique» les pays habités par les Nè- gres, les îles des épiceries, le Cap etc.^ furent pour* eux des pays fftns proprié* taires, parcequ^ils comptoient les habi* tans pour rien. Sous prétexte de n'éta-^ blir dans l'Indoftan que des comptoirs de commerce, ils y débarquèrent des troupes 46 étrangères, et par letu moyen ils op|»î tuèrent les nature la au pays^ allumèrent des guerres entre les différent Ëtati d$ cette vafie contrée, y répandirent la h- nûnet la rebeHion, k pei-fidie et toi^t m diîlugQ de maux qui afflige rkiunftjiité. Li&'Cliinâ et le Japon, ayanË ^ppnt à connoiUe par expérience les EuropéenSi lenr refnfèrent Xkgementf lînon reccèsi du moins rentrée d$ leur pays, à rexoeptlati des Hollandoiat c^u ils eK^cluent néamnobiâf comme des captiTâj de toute fociéia avec les habitans^ JLe pis, ou p^^nr parler en inoraHrtej le mieux tSt^ que toutes ce5 viûleneËS Tout à pure perte i que toutes les compagnies de commerce, qui s 'eu r^endent. coopables, touchent au inoin< de leur imn^; que les îles à Sucre, repahe de Tefolavage Je plus cruellexnei lafîiné, ne produifent pas de revenu rée] et ne prolUent qu indirectement, ne f< vant mém& qu'A des vues peu loualiiesi 47 lavoir à former des matelots pour les flot* tes, par conféquent à entretenir des guer- res en Europe ; fervice qu'en retirent fur- tout les Fuiilf nces ^ui -fe targuent le plus de dévotion et qui, tout en s'abreuvant. d'iniquités, prétendent égaler les élus en fait d*ortho^xi^^; . ; . ..■ Les liaiTons, plus ou moins étroites, qui le font établies entre les peuples ^ ayant été portées au point, qu^une viola- tion .de droits, commile ep un lieu, efi relTentie partout; Tidéed^un droit colins*, politique ne pourra plus palier pour une, exagération phantaltique du droit; eUe^ e& le dernier degré de perfection nécef*? faire au code tacite du droit civil et pu-, blic; car il faut que ces fylièmes conduiT fent enfin à un droit public des homn^s; en général, vers lequel pu ne peut le âat-- ter dVvancer JEans ceiïe, que moyej^ant X les conditions indiquée». 48 S u p p 1 é xn e n s. Premier Supplément. De la garantie de la paix perpétuelle. Le garant de ce traité n'eft rien moins que ringënieufe et grande ouvrière, la nature (natura daedala rerum). Sa marche méchanique annonce évidemment le grand but de faire naître parmi les hommes 9 contre leur intention, rharmo* nie du fein même de leurs difcordes. Voi- là pourquoi, nous la nommons deatint renvilageant comme une caufc néc qui vivoient d'abdrd , dans; une litetté anardiitlué,' de chalTé ou de |)eêlie, eiiffent prflTî^ dte'k rie pâftc^ale â telle d*agnco- lèè; qu'ils euiTeht découvert le fel et le' fer, (vralfeiùblablemènt les deux premiers objets de commerce entre des peuples difféi-ens)" pour avoir entr'eux des rela- tions pacifiques, et pour contracter, même avec les plus éloignés, des rapports de coùventibn et de focîété. Or la nature, njfrès avoir mis les hom- mes en état de vivre partowt fupr là terre j a voulu àulïi qu'ils lé iiil'eàt^ et fi defpo- 54 tiquement, qu^ils obéiiïeiit à fa volonté qaoiqu'à regret et lans y être obligés par ^one loi morale, La guerre efi le feul moy^n qu^ellc employé pour parvenir à cette fin. C*efi par ce moyen qu^elle a réparé ces peuples, qui par Tidentité de leur langue annoncent celle de leur ori^ gine. Nous voyons le long des câtes de lu mer glaciale les Samoïèdes parler la langue des h^bit^ns des monts d'Altaï, litués à deux cents milles de U; entr>ux fe ti'ouve un peuple mongole, cavalier et par conféquent belliqueux; n*eA-U pas probable qu^il aura poulie les premiers, jusques dans les glaces inbofpîtaUères, oii ils. n'auroient aiTurément pas pénétre de leur propre mouvement? Il en e& de même des Fini an dois, qui, àTextrémité la plus feptentrionale de l'Europe, s'ap' pellent Lapons^ Us ont été fcpavési par des peuples Gotbs et S arma tes, des Hong|:Qis, qui malgré leur éloigne» 55 ment le rAppi:ochen{: d!euK par la confor» mité de l^urr }angue. Qu'elt-ce qui pour* roit bien jayoir porté vx nord de rAn;é^i-< que» lesi Esquimos, cette race d'kqmr mQ8 toute di£Férente: des . autres peuples^ j du, Notvveau Monde, y . .qui ^e.fpend. pe^tr être de. quelques av,ant7irij3rs Européens^, et a^ Su((, les Felc^ieracs jusques dans rile de feu, fi ce n'eft la gueire, dopit Jn Nature le jfert pow peitpler toute la tevre?-^ Quant à Ja guerre mçme, elle n'a bcr, foin d'auciui motif particulier; ellefemble eutée dans la nat;uj:e- liuoiaine > paET^nt îuénie pour un acte de noblelTe, auquel, doit porter Vamoux feul de la gloire, lans aucun reilort d'intérêt.^ Ainii, parmi les fauvages de TAmérique, comme en Euro- pe dans les fiècles^ de chevalerie, la va- leur militaire obtient de grands honneurs,, non feulement durant la guerre, comme Il feroit iufie, mais en tant qu'elle fait entreprendie des guerres pour fp iignaler; 3Ô de forte; qu'on attaché iine forte xle dignité à* la guerre elle-mcihe, et qu'il fe trouve jusqu'à des Philofoples, qui eu font Téloge coihttie' d'une noble prérogative de Fhuitiâ- irité; diibllant ce mot d'un Grec : ,,la guérie „iâft' iin mal , en ce qu'elle fait pltis de 9^ébliâïi9, qu'elle h'éfe emporte/^'— * ''Mais en voilà 'aïïez fur les mefiirea çpte la Nature prend, pour conduire le genre humain, en tant qu'il compofe une clàlTe-d'animaux , au but qu'elle s*eft pro- p'bfé. • Il s'agit maintenait d'examiner ce iju'il y a de plus effentiel relativement à la paix perpétuelle, favoir,- ce que la Nature fait à cet égard; comment elle favorife les vues morales de l'homme et garantit Texécution des loix que la raifota lui pre- fcrit; tellement que tout ce que l'hMimne fei-oit tenu de faire librement d'après le droit civil, public et cosmopolitique, s'il le néglige , il ibit forcé à le faire , par un^ contÈt&tite de. la nature ^ (ans préju^ dice àé ta 'liberté. Quand i^iddi^ que* la Natttre veut ^u'tme chofe arrive^ leela Ae 'figitiiie paa qa*dlë' no^d en fait un deyôlvi iVh'y ii que la' VaSo» ^nrati^ie qui {^isÀTe fqrefcrk^ à des ê&eà^' libres des èoï9C laiM léê 'ùmhi traindi^é; nttifif Cela vêtit dii^ë^ q^fre la Na^- ture le fi^ili élle^n^iite y^qfttfd !ftOii»^le vou- liona dû non. • . ,../;..-.):*.' >^^'. - ; FaÈa voUntem âucunly nolentem, trahunt. 1. Lrbrs^mijitre què'des difeordes in- teftines* né* fdséëroîent ^âs iitt ]^euple à s'alFujèttir à ïa contrainle des'lôix^'il s'y trouve^oïC' réduit par ' \e relTort extérieur de k guette: la Nature ayant placé, com- me noui r^voils vu y à cJôtéf de diaque peuple, un autre peuple voiiln qui le prelTe et roblige è fe cotiitituer en Etat,' pour former une puiirance capable de s'oppofer à fes entreprifea. Qr lai con- i 58 Ri^ndon, répi^Uçaipe, la feule qui |bi( to^ talement conforme aux droits de l^homine fe . trouve. .p]^écîfément être la plus^ diffi- cile à établir et à maintenir; )usques*là qu'il faudroil;^ <:omme on Ta diji;, des aa* ge^ et noQ dea hommes dominés; par des penohans int^eflea, pour r^silifer ^e for- me de goUiVememqut-Xi fubliitw* £)(;C*efi xcir.que Im natuji^ fe fert^ de ces;, penohans intéreilés eux- mêmes , pour donner à la volonté générale» avec ]e refpect qu'elle doit à la raifon , fur laquelle elle eft f on- dée > Ve&ààle pratique qui .lui, ^ manque. II ne s'agit que 4'orgamfer t^liemjQnt l'Et^M: (et cela li'^fi: pa»,au' deilus des fotrces hu- maines)' qii«i t'action et la. iréaoCian des divers penchans. en anéantifle ou en mo- dèrp TeEet, et le rendant nul pour la rai- fon » force J.*hon)me à ëtre> iînon morale- ment bon, du moins bon citoyen. Le problème d'une confiitutiouy fût-ce pour on peuple de démons ^ (qu'on me 59 pardoBiio ce qu'il y a de choquant dans TexpreHion)) n*eft pas impoûible à réfou* dre, pourvûque oe peuple foit doué d'en- tendement. ,9 Une multitude d'ctres rai» ^ffoxinables foubaitent tous pour leur con- f^fervation ,des loix uaiverfelles, quoique 9,oliacun d'eux ait un penchant fecret k ,)S'en excepter lo^éme* Il s'agit de leui ^donner une oj^Mutipn qui enchaîne 99tellement letirs pafliona perfonnelLes Tune ,,par l'autre) que, dans leur conduite ex- ,,térieure, Tefiiet en foit aufli infenfiLlc ,,que s'ils n'a voient pas. du topt ces dîfpo* ^ffitions hofiiles,^^ Fomquoi ce problème feroit-il infoluble? Il n'exige pas qu'on obtienne Tefiet déArc d'une réforme mo- rale des hommes, H demande imiquement, comment on pourroit tirer parti du mé» chanisme de la nature, pour diriger telle* ment la contrariété des intérêts perfon^ nels, que tous les individus, qui compo- fent un peuple, fe contraigniffent «ux- 6o mêmes les uns les autres k fe rAilgér fous 1© pouvoir eoêrcitif d'une législation, et amenalTent ainll tui état pacifique de lé- gislation. ( Quelqu' imparfaite que foit l'oi'gànîfa- tioii des Etats actuels, ils* nous offrent xïéanmoins une preuve de ce que j'avance. Dans la tonduite • extéqgure, oii y appro. che SalTez de te' qu'eJJP^ Pidée du droit, quoique les principes intrinfèques de la morale n'y contribuent aiïtlrémént en rien, et ne puilTent pas non plus y contribuer, ;^uisque ce n^eâf pas à la morale à ame- ner tme bonne confôtution, mais à celle- ci à produire la reforme morale dcfs hom- mes. L'exemple cité fait voir fuffifam- ment que le mécbanisme de la nature , fuivant lequel des penchans inCérelTés doi- vent fe combattre réciproquement jûsques dans leurs effets, peut fervir à la rai- fon de moyen pour ménager aux princi- pes du droit le règne vers lequel elle 6i tead et ) r£t;at l'^tabliireinent et le main- tîe(i ^v^iluré d*une paix extérieure et méuie interne. — . Ici la nature veut d'une manière irré- fiftible qne le droit rempoyte enfin la vic- toire. Ce qu'on néglige de faire, elle le fait elle -memQ 9 quoique par des moyens' très déplailans. Vous pliez $un rofeau là fragile foutien; Courbez trop , il rompra. Qui iteut trop p na veut rien. Bouterweçk. 2. L'idée du droit des gens fuppofa l'indépendance réciproque de pluiieurs Etats voifîns et féparés; et quoique cette iîtuatiou foit par elle -même un état de guerre, il une union fédérative n'cmpècliç les boililités) la raifcm préfère pourtant cette coëxiftence des Etats à leur réunion fous une puilTance fupérieure aux autres et qui parvienne enfin à la monarçliie Ce. universelle. Car les loix perdent toujours en énergie autant que le gouvernement gagne en étendue; et un defpotlsme, qui» tuant les âmes, y étoufFe les germes du bien, dégénère tôt- ou tard en anarchie* Cependant il n*eft point d*£tat dont le chef ne délire de s'aJÛTurer une paix durable par la conquête de Tunivers en- tier, £ elle étoit pollible. Mais la Nature â'y oppofe. — Elle fe fert de deux mo- yens pour empêcher les peuples de fe confondre, de la diver£té des langues et des religions. *) •) Direrfito de religionst cxprelHon hien Ani2;ulière ; c^'eft précifément comme II Ton parloir d'une' diverlité de morales. Il peut bien y avoir difTorentes fortes de foi hifioriqne accor- dée k des événemens relatifs, non k la religion, mais à fon ^tablilTement et qui font du reilorc du favant; il peut également y avoir différcns livres de religion, (le Zendavefta, le Ve- dam^ le Coram etc.); mais il y a uns feiile Cette Tariété renferme ^ il eft vrai, le. germe de Laines réciproques et fouroit m^me Ibuvent i^i prétexte à la guerre mais à mefure que les hommes fe rappror chent dans leurs principes, par une fuite des progrès de leur civilifation, la diver- fité des langues et des religions amène et aflure une paix fondée, non pas corn* me celle du defpotiswe, fur la mort de la liberté et Textinction de toutes les forc(>i, mais fur l'équilibre qu'elles gardent entr' • elles malgré la lutte qui réfuUe de leur diverlité. 5. Si la Nature fépare fagement les peuples, que chaque Etat voudroit com- biner, foit par rufe, foit de force, et cela religion vraie pour tous les hommes et pour tous les tenis. Ce ne peuvent donc être ,1A que des moyens accidentels, qui fervent de vé- hicule à la religion et changent fuivaut lei fems et les lieux. d'après les piiçLCÎpes mcmes du droit des gens ; elle le fert, au contraire, de refprit d'iutérct de chaque peuple pour opérer entr^eu^ ume union, que Tidée feule di^ droit cosmopolitique n'auroit pas lufHIani- ment garantie de la violence et des guer- res* Je pai'le de refprit de commerce qui s^empare tôt au tard de chaque nation et qui eil incompatible avec la guerre. La puiOfance pécuniaire étant celle de toutes qui donne le plus de reiïbrt au^ Etats, il3 Te voient obligés de travailler au no- ble ouvrage de la paix, quoique fans au- cune vue morale; et quelque part que la guerre éclate, de chercher à Tinilant m^me à TétouiTer par des médiations, comme s'ils a voient contracté pour cet effet une alliance perpétuelle; les grandes alTocia- tiens pour la guerre étant naturellement rares et moins fouvcnt encore heureufes. C'efi ain/1 que la nature garantit, par le mo- yen même des penchans humains, la paix per- <$5 perpétuUe ; et quoique raflurance quelle nous en. donne ne lufFlfe pas pour la prOf phetiler théoriquement., elle nous empêche ^ du moins de la regarder comme un .hut chunèiique et nous fait par là -même un devoir d'y concourir. Second Supplément. Article fecrec poux la paix peipétaelle* ' Il feroit .contradictoire , de faire entrer dans les procédures de droit public, ui| article le cret 9 quant à Ion objet; quoi* qu*il puilTe très bien y en avoir des fecrets lubjectivement , quant à la qualité des perlonnes qui les dictent; celles -ci crai- gnant peut - etie de . compromettre leur dignité, H qlles s*en dédaroient ouverte* ment- les. auteurs. E Le féal article de ce genre eft le lui- T^it: iJes maximes des pbilorophes fur f,Ie9 conditions qui rendent poilîble la ,,pii^ perpétuelle, doivent être confoltées »^par les Etats armes pour la p;iiên'6/* Or, il paroit hmnîliant pour routodté Jégidalive d'tm Etat» auquel il faut natu* rellement attrîbuçr la plus haute fagelTa^ de slnAnûre dca règles à obferver dans fes relations avec d'autres Etats ^ — au* près des ptilofoplies, £e3 fujets. Cepea* dauL, il elt néceflâire qvCîl les confulte* X'Etat les invitera donc tacitement m donner leur a ris; c^eA-à'diîei, que, fai^ Tant my0ère de l'intention qu^îH a de lea fuiyro , il leur penne ttra de puLUer libre* ment les maximes générales qui concer* nent la guerre et la paix; car ils ne man- queront point de parler , pourvu qu'ion ne leur impofe pas faïence* Il n'eâ pas non plus Lefûin d'une convention parti crtlière de» Etaita pour &'*accorder fur c« poînti Ô7 puisque robligation^ qui leur en eft im- pofée, découle déjà des principes univer- Xels ie \À raifon législative. On ne prétend pas néanmoins que rStat doive accorder aux principes du philofophe la préférence fur les déaiions du jurisconTulte, ce repréfentant du ibu- verain ; on veut feulement qu'il foit écouté. Le |uri$cpnfulte, qm s*efl choifi pour fym- bole, outre la balance du droit, le glaive de la julUce, ne fe fert pas tou- « jours du dernier uniquement pour écarter de la première toute influence étrangère; mais, û Tun des bafllns ne penche pas à fon gré, il y place le glaive; (yàe vic- tis!) tentation à laquelle le jurisconfulte fe trouve expofé, parcequ*il n*eft pas tou- jours allez pbilofophe, même moralement* Sa vocation Tappelle k appliquer des loix poûtives, non à examiner fi elles auroient belbin de réforme. £t quoique fe3 fonc- tions foient par là -même d'ime i^fénoiité £2 6Q bien évidente, néanmoins, parceque la Faculté de droit fe trouve revêtue de pou- voir, comme cellea de Théologie etr de Médecine, le jurisconfulte aifîgne^ à la iienne un des premiers rangs. La Faculté philofopliique eft forcée par ces puilTan- ces coalifées de fe contenter d'une place bien inférieure. La philofophie, dit-on, n*efi: que la fervante de la théologie et les autres Facultés en difent autant. Mais on fe garde bien d'examiner fi elle pré- cède fa dame, le flambeau « la main^ ou Il elle lui porte la queue. Que les Rois deviennent philofophes, ou les philofophes Rois, on ne peut guère s'y attendre. Il ne faut pas non plus le fouhaiter, — parceque la jouiHance du pouvoir corrompt inévitablement le iuge- ment de la raifon et en altère la liberté. Mais que les Kois, ou les peuples Rois, c. à. d. les peuples qui fe gouvernent eux-mêmes d après des loix d'égalité> ne 69 foufirent pas que la clafle des philofoplies foit réduite à difparoitre ou à garder le iilence, mais lui pennettent au conti*aire de fe faire entendre librement; voilà ce qu'exige Tadminiitration du gouvernement qui ne fauroit s'environner d'alTez de lu- mières. D*ailleurs la claile des philofo- phesj incapable, par la nature, de trahir la vérité, pour fe prêter aux vueç inté- relTées des clubiiles et des meneurs, ne risque pas de fe voir foupçonnée de propargandisme^ . A p p e n d' i c «• 1. Sur Poppolition qui fc trouve entre la Morale et la Politique, au fujet de la paix perpétuelle, JLja Morale a déjà par elle-même nn ob* jet pratique, puisqu'elle elt TenTemble des loix abfolues d'après lesquelles nous de- ▼ons agir. H eft donc abfurde d'accorder à ridée du devoir toute Ton autorité et de prétendre néanmoins qu'on ne puilTe pas le remplir, ce qui ànéantiroit Tidée même de devoii- (ultra poffe, nemo G b 1 i g a t u r.) La FoUtique, entant qu'elle eft une jurisprudence pratique, ne DEiuroit donc être en contradiction avec la Morale 1 7* conTiàétie comme la théorie du droit: (c^e& à dire, il n^ a point d*oppolltioa ^ntre la théorie et la- pratique); à moine qu'on n>ntende par' morale renfemHt des règles de la prudence, ou la théorie des moyens les plus propres à remplie des vuëa d'intérêt; c'eâ à dire, à moins qu'on ne rejei:te entièrement toute idée de morale* 'La Politique dit: ,>foyez prudeaa comme les ferpents; la Morale y ajoute la reftriction: et Ximples (lans fauIEsté) comme les colombes/^ -Si Tun et Tautre efi incompatible dans un même précepte, la Politique fera réellef ment en oppoiition avec la Morale; nw# il ces deusc qualités' doiveat ablolument fe trouver réunies, l'idée du contraire eft abfurde, [et l'on ne peut plus même pro^t pofer comme probléipatique la queftion: comment on accorderont la Politique evec la Moral^« Quoique oeitte. prof^Ationj l'honnêteté eft la meilleure poli tique y annonce une théorie, trop fouvcnt hélas!' démentie p{iT la pratique; aucune objection ri'âtteikidrti jamais celle «-''ci: rhonnéteté vàift toietix qûe.toute politiqiué et en èft même une" condi- tion eiTentîélle/ lia Divinité tutélâire de ht 'Morale ne le cède pas i Jupiter;' ce Dieu de la puilTance eft également fou^ mis au deMn; c'eft a dire que là raifon xl'elb pas allez iéclfidrëe pour^ eml^ndTer toute la férié des caufes déterminahteSy dont la connôi/Tance feule la mettroit en état -de' prévoit avec ^ certitude- lesf fuites h'étfteùfes Ou malheuteufes, c[ue la^médba- iiîsixie dé -la Nftture fera réfulter des ac« Cloiis humaines; ^quoique ' nous les cou* jidiilions alTez pour-efpérar qu'elles' feront conformes à nps voeux.} Miiis pB que nous- avons à faire pour refter fidelles au devoir* et pour fuivre les règles de la fa* gëlTe) vpilà le- but de la raifon ;• c'eli: fur 7S ^oi elle nous foutmé' àîEoiit les plus yivês^ lumières^:. ^ ' '> .;■;... y'.:' :; 'r- •Or rhôinme d^ËUltv ^ni^^voit dans Jft morale une fimple théorie tout ênxbii* jvenantr du devoir et i de ht . polEbilité . :de Ilexéeuti6n?,p .psëCeiid uëânmoms 'uous jrayii orueUettiènt le coofolànt lefpoîr qui nous anime ; telleijçft^- dit-il, • la nature de rhoàm^ me, 'qae jamais il ne vOlidra œ qui feroit nécèfiaire' poux ^éctuer une paix perpé* tuelie, . î Il -ne' fîifiît pas v mÛris* doute , pour y parvenir,- que. chaque individu veuille vi* vre diaprés des principes de ^ liberté dans une conlHtution légale, ou, pour me fet- vir des^ térnieè ^de. Té^ole : qu'il y ait unité diâ:nbutive de la volonté ' de.;tous ; il faut encore que tous enfemble veuillent cet état; qu'il y ait unité collective des vo- lontés combinées, pour faire un tout de la Ibciété civile; Il é& donc néceûaire qu^uzie ^uiCe de oréunion uniiTe les volon- 7k r^ié^ iniliTitiuelleà de tous, poiirqii*il y aii .volonté générale. Or^ aocim des mdivi- étis ne pouvant ejfet^uer cette réimioii^ piii3qii*il n'i qtL^une ^oloofee parti culièret îl ne reûera diantre moyen de réalirer dans la pratique ridée d^un état coiL^tiitiOiLne]| que la force^ Tur laquelle oft fonda en- ^Aûte la droit public. Quoique ians doute m^ ne puUIe $*attendre dans rexécutioa de oettft idée f q\£k de# contraBes &ap^ pans avec la théoiie ; puisqu'on ne peut guère le promettre du législateur alTes de moralité , pour qu^ après avoir forme un pedple d'une horde de fauvages , il aban- donne à la volonté générale TéubliiTe- ment d*uue conflitution. Çuand on a 1^^ pouvoir en mains ^ dit- on alors, on ne fo latHota pas faire la loi par le peuple. Un Etat> parvenu une fois à llndépendance, ne fo loumettra pas à la déclUon d^autrei Etat«4 fur la manière dont il doit foutenir Tes droits e outre eusc Une partie issême i da moime, fi elle fe fent ftiperieure à une antre 9 ne négligera pa^ Id^iiggrandir la puiiliuice, en fe foumettant celle qui loi «A inférieure en forces. Et ainfi s'é** ▼anouiHent tous les beaui; plans de droit otyil, public et cosmopoUtique , qui ne paroilTent plus quae des théories chiméri» ques; au lieu qu'une pratique^ fondée fus des principes déduits de la connoiilance de la natare humaine et. qui ne rougit pas d^emprunter fes maximes de Tulage^ du monde^ femble pouvoir fetde efpérer de poIieF fur un fondM^ut inébranlable Pédifice de £a politique. Je Vavoue, s*il ii*y à ni liberté, ni loi morale qui en découle ; û tout ce qw eft et peut arriver, n*eft qu'un fimple niécha« nisme de la nature, txmte la fcienbe pra- tique fe réduira a la politique, c*eft à dire, k Tart de faire ufage de ce siéchaniçmo pour gouverner les hcmimes ; J'idée du de-- voir ne fera plus alors qu'une chimère. Mai^ fi an contraire, il paroit iSdifpen- làble de combiner cette, idée avec la po- litique, d*-eii faire mime une condition néceilairev dès -lors il faut convenir de la poiUbilité de leur combinaUbn. Or \& puis très bien me repréfenter un politi- que moral'9 c^eft à di^pey "on homme d*£tat, quirn^agiflieque diaprés des "^rin- ^ rîpes avoués par la morale ; ^ati lieu que }e ne laurois-me >faire Tidée-d'iln nrora* lifte politique, qui accommode la mo- itié aux intérêts de Thomme d'£tiBt; - ■ t ■ Lie politique moral aura pouc 'principe*: que s^il s^efi: glilTé^es défauts, foit dans la ^ conâitutioÀ d*im Etat, foit dans les rapports des Etats entr*eux, il eft prin- cipalement du devoir des ckdFs d'y faire auflitât des amendemens confonnes au droit naturel établi fur la raifon; dulTent'- ils même facriRer à ces ohangemens leurs propres intérêts. Ce n\eft pas à dire, qulla doivent rompre violemment les liens 77 de la fadété civile et coamopoli tique avant j même que d*avoir.une meilleure forme, à fubfiituer à Panciemi^e; une opé- ration aulli brusque n'eit pas moins déla- ▼ouée par la morale que par la politique ; mais ce qu*on peut exiger des gouver- . nansy c'e^ qu'ils aient toujours devant les yeux, le devoir d*op.érer cea réformes e( de tendre par des progrès continuels vers, la meilleure confiitution poIUble. Un Etat peut avoir un gouvernement républicain, lors -même qu'il lailTe encore lubrifier un pouvoir defpotique, jusqu'à ce que le peuple cède enfin à l'influence de l'auto- rité feule de la loi) comme fl elle avoit une puiflance pbyfique , et^u'il foit ca- pable d'être fon propre législateur, ainfi que ion droit primitif - l'exige. Quand même ime révolutien viol^te, néceflitée par les défauts du gouvernement, auroit amené, par des voyes injuftes, un meilleur ordre de chofes; il neferoitplus 79 permis de faire rétrograder le peuple, yen fon ancienne confiitudon, quoique chacun de ceux qui, pendant la durée de cette ré- Tolution, y ont participé^ ouvertement ou en fecret, ait encouru le \uSbt châtiment de la rçbellion« Quant aux relations œ- térieures des Etats, on ne iàuroît préten- dre qu*une nation renonce à la conftita^ tion, (fût elle même defpotique, et par conféquent la plus redoutable aux enne- mis du dehors,) aufli longtems qu^elle fe trouve expofée au danger d'être englou- tie par d'autres Etats. Il faut donc que cette réforme puilTe également le renvo- yer à une époque plus favorable. *} *) Yoilà les loix pennilUves données par la railbn. On peut différer Pabolidon d*aa droit injuile» jusqu^à ce que tout ait mûri de foi- même .pour une régénération^ on que la ma- turité foit amenée par des voies paifibles. Car une confiitution^ quoiqu* imparfaite^ vaut 79 Il fe peut que les moraliftes des- potiques violent plus d^une fois lès règlea de la politique dans les mefures qu'ils prennent ou propofent avec trop de précipitation. Néanmoins Texpérience doit bientôt les ramener vers la nature* Au lieu que les moraliftes politique!!, qui, difputant k la nature hiunaîne la fa- culté d*obéir à la raifon morale, favori-* fent des maidmes d'£tat contraires au droit, s*efforcent véritablement de rendra mieux qne Panarcliie qui réfulteroit infailli- blement d^one réforme précipitée. •— La ft- gefle politique fe fi^ra donc un devoir de ré- former l^état actuel des diofes fur les idées du droit public; mais elle ne fe férvîra point dès révolutions y que la mltm'to des chofea amène 9 pour s'uutorifer â une opprefiiOn plus tvrannique encore; elle en profitera au con- traire» pour établir > par des réformes folides, fhr dès principes de liberté , une confiitiîtion légale^ la feule qui foit de durée. 80 impoinble toute réforme et d'étemifer la violation du droit:. Loin de polTéder cette foience prati- que dont ils le vantent, ces habiles poli- tiques n'ont que la pratique des affaires; uniquement occupés à encenfer le pou* voir don^nant , parceque leur intérêt peiTonnel y gagne , ils faciiFient le peu- ple et Louleverferoient le monde entier, s'ils le pouvoient. Voilà ce qui arrive à tous les juiisconlultes de profelHon qui ne 8*occupent pas de la législation. Sans raifonner fur les loix, ils iont obligés de les exécutei-; les dernières qui paroiilent -font donc toujours pour eux les meillei^ res et rien ne les fait for tir de Tordre méchanique auquel ils font habitués. Né- anmoins la facilité qu^ils ont acquife de Xe prêter à toutes les circonftances leur infpire la vaiiité de croire qu'ils peuvent auin juger des princîpeis univerfels du droit et du gouvernement. La ^ 8ï La multiplicité de leurs relations leur fait fairç la connoifTance d'un grand nûin* bre d'*hommes et ils prennent cette conf- noiHanee pour celle de rhomme^ quoi- qu'elle foit bien difiFérente, et qu'il faille pour acquérir la dernière, enyifager Thom* nié et" fes facultés dans- un point de vue plus relèiré. Fiers de leur efprit d'obfer- vàtion,- s'élévènt^ ils jusqu'au drbit civil et public? ils ne pourront y porter que Tefprit de cbicane; ils appliqueront leur procédure méchanîque là même oii ils ne trouvent pas de loix defpotiques et où la raifon ne tolère d'autte contrainte que celle d'une liberté légale, feul et unique fondement d'une conftitution qui puilTe garantir le droit. C'eft à quoi réfléchit fans doute très peu le praticien ; il s'ima- gine pouvoir puifer fes notions dans l'ex- périence; et fans avoir befoin de princi- pes de la raifon, il veut que tes conftîî tutions qui ont palTé jusqu'ici pour les F 8a meilleures^ quoiqu'elles aient .presque tou- tes contrarié le droite nous donnent Vidée de la meilleure conltitution poiïible. Voici quelques , maximes de lophilta qpiil fuit tacitement et à quoi le réduit à peu près tout £on fayoir- faire: 1. Fa c e t . e X c u fa. Saiiis rpccailon favorable de t'emparer d'un droit fur ton propre £tat, ou fur un Etat voiiin. Après Taction, la îuftiEcation pourra le faire' avec bien plus de facilité et d'élégance: (furtout dans le premier cas, oii le pou- voir fupréme eft en même tems le légis- lateur auquel il faut obéir fans ralTonner.) Il vaut bien mieux commettre Pacte de violence et Fexculer enfuite, que de ré- fléchir péniblement à des raifons convain- cantes et de perdre du tems à écouter les objections. Cette hardielTe même an- nonce ime forte, de conviction de la légi- timité de l'action et la Divinité du fuc- çès (Bonus Eventus} elt enfuite le meil- leur avocat. 65 ft. Si f'ecifti, nega. Nie tout ce que tu as commis. Si tu as, p. e. porté ton peuple au défelpoir et ainii à la ré- volte, n'avoue pas que ce foit ta faute Mets tout fur le compte de Tobltination des fujets. As -tu pris poiTelGon d'un Etat voiiin, foutîens qu'il faut s'en pren- dre à la nature de Thomme, qui, s'il n'eft pas prévenu, s'empaiera certainement du bien d'autrui. 3. Divide et impera. Y a-t'-îl dans un peuple certains chefs privilégiés, qui ^t'ont conféré le fouverain pouvoir (primus in ter pares): divife les entr* eux, tache de les brouiller avec le peuple. Favorife le dernier et promets lui plus de liberté; ta volonté aura bientôt force de loi abfoluë. Tes vues fe portent- elles fur des Etats étrangers? excite entr'eux des discordes; et .fous prétexte d'alliller toujours le plus foible, tu pourras te les alTujettir tous, les uns après les autres. Fa 84 Ferfonne, il eft vrai, n'elt plus la dupe de ces maximes, trop univerfellement con- nues pour en impofer encore. Il n'efi pas non plus queIKon d'en rougir, comme li leur in]uflice étoit trop fenfible. De gran- ' des puiflances ne rougifTent que du juge- ment qu'elles portent lune de Tautre, et non de celui du vulgaire. D'ailleurs comme elles font toutes au pair relative- ment à la moralité de leurs maximes, elles ne rougilTent pas de ce qu'on les leur impute, mais lorsqu'elles les employent fans fuccès. Il leur refte toujours l'h on- neur politique, qu'on ne peut pas leur difputer, lavoir: l'aggrandiUement de leur puilTance, de quelque manière qu'ils l'aient effectuée. *) *) Si l'on doute encore du fonds de perver- fité qui paroit enraciné dans les hommes^ réu- nis en fociété ; E Ton impute même avec quel- que vraifemblance â un manque de civiliTation les phénomènes immoraux qui leur écliappent; 05 Tous ces détours où s'engage une po- litique immorale pour conduire les hom- mes de l'état de guerre , qui eft celui ,de la nature, à une lituation pacifique, prou- cette malice fe manifefle évidemment dans les relations extérieures des Etats. Dans Tinté- rieur de l'Etat, elle eft voilée par la con*. trainte des loix civile^ le penchant poiu: des actes réciproque» de violence fe trouve en- chaîné chez les citoyens, par la force plus puil^ faute du gouvernement. Voilà ce qui, non feulement, répand fur la fociété entière une apparence de moralité, mais facilite même effectivement le développement des facultés naorales, en mettant une barrière à re£Fer- vefcence des penchans illégitimes, et prépare ainfî les hommes à refpecter le droit pour loi- même. Car chacun s'imagine qu'il refpecte- roit bien l'idée facrée. du droit, s'il étoit fiir qu'elle ne fut pas violée par les autres à £on égard. Or le gouvernement, qui donne en partie cette certitude à chacun, ouvre par là les voies à la moralité j et quoiqu'il ne falTe 66 vent du moins: que, ni dans leurs rela- tions perfonnelles, ni dans leurs rapports publics, les hommes ne Dauroient fe réfu* fer à ridée du droit; qu'ils ne hazardént pas de fonder la politique fur de ûmples pas refpecter Vidée même du droit, il conduit néanmoins à. ce refpect immédiat et désinté- reHé, qui fait obfenrer le devoir fans efpérance de retour, — Il eMnrai , qu'a côté de la bonne opinion que chacun a de foi» même > il fuppofe toujours à autrui des difpolitions ma- lignes. De là la fentence de condamnation qu'ils prononcent les uns contre les autres: déclarant que, dans le fait, tous ne valent pas grand' chofe. Nous n'examinerons pas id d'où peut réfulter cette dépravation générale, puisqu'on ne fauroit en accufer la nature d» l'homme, qui eR libre. Nous dirons feule- ment que puisque l'idée du droit, à laquelle perfonne ne peut refufer le refpect, fanctionne folemnellement la tliéorie, qui fuppofe la pof» fibilité de réalifer cette idée, chacun fent bien qu'il faut qu'il s'y conforme, fans s'embar» ralTtr de oe qu« font lea «ntre». 87 artifices de prudence, ni par conféquént de fe" fouftraire à l'idée d*Tin droit iini- verfel; qu'ils lui témoignent au contraire tous les égards poilîbles, furtout dans le droit public, lors ••même qu'ils imaginent des prétextes et des palliatifs à l'infini, pour y échapper dans la pratique, et qu^au fonds ils attribuent par une grof- fière erreur l'origine et le maintien du droit à la force aidée de la rufe. — Met- • tons fin, linon à Tinjullice elle-même, du moins auxSophismes dont on fe fertpour la voiler I forçons les perfides repréftjn- tans des puiiïances à avouer, qu'ils ne plaident pas en faveur du droit, mais de la force , qui fe retrouve jusques dans leur ton impérieux, comme £ leur pou- voir s^étendoît jusqu'à commander à la vérité. Pour y parvenir, dévoilons le prellige qui abufe les efprits; remontons jusqu'au principe qui nécoiïlte mie paiàt perpétuelle ; et montxoiuit que le mal qui y met ob- fUcle, vieiât de ce que le moralifte poli- tique commence là où doit proprement fipir le politique moral; qu'en fubordon- nant ainli les principes au but« (ce qui s'appelle mettre la charrue devant les boeufs) il nuit à fa propre cauCs,. et s'empêche lui-même, d'accorder la politi- que avec la morale. Décidons d'abord une queftion géné- rale d'oii dépend l'uniformité qui doit régner dans la philofophie pratique. Four réfoudre les problèmes propofés à la rai- fon pratique, faut -il commencer par exa-* miner le. but matériel qu*on fe propofe (comme feroit l'avantage et le bonheur qui réfulteroit de l'action et qui eft l'ob-r jet de la volonté)? ou bien^ oubliant tom Tes rapports feniibles, doit ^ on limplament faire attention au principe formel, c'eA à dire, à la condition fous laquelle la li* berté peut s'e^rçer «u dehors? principe i)xprimé dans cette loi: ^gis de mamère que tu puiHes vouloir que la maxime dV près laquelle tu te détermines, devienne une loi générate (quelque foit le but qi^ tu te propofes). U eft indubitable qu^il faut commencser par le principe formel; puisqu'en qualité de principe de droit, il renferme une né- cellité abiblue; tandisque le principe ina* tériel ne nécellîte que coadit^onnellement et dans la feule fuppofition q}i*on veuille atteindre le but qu^on a en vjuë ;. et quan4 ce but feroit lui-même un devoir (comouç p« e« la paix perpétuelle) il faudroit pour- tant qu'il eût été déduit du principe for- mel des actions libres, — Or id, le prpblème d*un droit civil, public et cosmopplitique , n^eft pour le moralîlte politique, qu'un problème tech- nique, au lieu quil devient problème moral pour le politiquei moral. L'un et l'autre aiuput unp route bien différ^te « fuivre pôor étatHr là "paix pôrpéttiellei confidéréel, par Vim, comme tm Jiuiplé bien pByfiquet maU par Tautre, comme tuie nttiation néceOitée par le devoir. ^M Il faut au premier une vafîe conuoif- faiice de la nature., pour en faire fervir le méchaniâme à iau but poHiîque; m&l'^ gré cela, le réfultat de toute fa prudence lailTera toujours la paix perpétuelle dâns^ rincertitude. Parcourez^ pour voua en convaincre t les troîâ efpèces de droit public* Qu'eft ce qui fera Je plus propre à maintenir le peuple dans robêiHance et la prolp^iité ? ell - ce la fëvérité, ou Tap* pas des difli ne lions qui flattent la vanité? Sera-ce la puiiïance' d'un feul, ou la réu- nion de plufieura chefs? une noblelTe de robe> eu le pouvoir du peuple? rien de plus incertain i LUiîHoîre nous fournit des exemples du contraire pour toutes les formes de gouvernement (à rexcep- tien de eelle qui eA vraimtnt répuLUcaine i à 9* et qui ne peut âudî entrer que dans refprit du politique moral. Il règne" plus d'in* certitude encore dans ce prétendu droit public fondé fur des ordonnances mim* ftérielles: mot vide de fens, qui ne dé- figne que des actes conventionnels, con- clus av^c la rejftriction mentale de leur yiolatiQn. — Il en eA tout autrement du problème du politique moral. Ici la folution vient, en quelque forte, 8^o£Frir d'elle-même à refprit, chacun en reconnoit Tévidence. Elle fait rougir le politique de Tinutilité de fes manoeuvres. Elle conduit immé* diatement au but, quoique par des pro- grès infenlibles, et lani le forcer avec une précipitation violente. Oft là qu'on dit: chercbez pre- mièrement le règne de la pure rai- fon pratique et fa juftice; et vot^e but (le bienfait de la paix perpétuelle) -TOUS fera donné par deffus* Car ça voici la prérogative de la morale, furtout dans fes principes du droit public (par conléquent dans fa politi(^ue a priori). Moins elle vife, ^ams la conduite» aa but donné c. a. d. à Tavantage pliyfique [ou moral qu'on a en vue, plus néanmoins elle y conduit. Car c'efi la volonté géné- rale réglée a priori, qui détennine ce qui eil de droit, foit dans un même peu- ple, foit dans les relations des peuplefli entr'eux. Or, pourvûqu*on refie d*accord avec foi -même dans la pratique, cette unité des volontés de tous, peut en même tems produire leiFet déliré, d'après le mé^ cbanisme de U nature et contribuer à la réalifation de l'idée du droit, — C'ell, p, e. un principe, de la politique morale: qu'un peuple ne doit fe coniii- tuer en Etat que d'après les idées du droit de liberté et d*ég»lité; et ce prin- cipe ne fe fonde pas fur }a prudence^ mais fur le devoir, Qr,. que les moral^e^ politiques s*y pppofeiit 'tâtié "(Qu'ils vdu* dront; 'qu'ils s'épuîférit ât ralTohnier fur Tinefilcace de te^ principes contre les af- fections naturelle^ des membres de la fo- ciété ; qu'ils atlègueut méme^pour appuyet leurs objections, l'exemple dë'coiiftitutldus anciennes et modernes, toittes mal Orga- nifées (comihe celm de démocraties fans fyftèmô repféfentatif) ; tcriis leurs af-gii* mens ne méritent paé d^étte'fecoutés ; fur- tout parcequ'ils occafiblïiieiit peut-éïrë eux-mêmes cô mal moral, dbnt ilsjuppo- fent Texiftence, par cette thébKe funefte, qui confond l'hommç dans uiîe même clâffe avec leis autres machines vivantes , et qùî, pour en faire le plus malheureux de tous les êtres, n'a ^lus qu^à lui ôter la confci- cnce de fa liberté. La fentence un peu ' cavalière , maift vtaie, fiât juftitia, pereat mundus; c'eft k dire: que la julHce règne, dulFent périr les fcélérats de tout l'univers; bette 94 fentence) q^ui a palTé en proyerbe, eft un principe de droit bien énergique , et qui txanche courageulement tout le tdlTu de la rufe ou de JU force. Mais il faut le bien oomprendre. Il n'autorile pas à faire valoir les droits en toute rigueur. La morale 5*7 oppole. Il commande feulement aux puiiTants . ^e ne ref uTer > ni d*exténuer à perfonne fon droit par, averûon ou par commiferation pour d'autres; ce qui exige 4*un côté, une conititution intérieure fon- dée fur les principes du droit, et de l'au- tre, une convention avec les autres £tat9 analogue à une confHtution cosmopoUti- que et tendante à régler légalement leurs différents. Cette fentence Hgniiie imiquci- ment: que les maximes politiques ne doi- vent pas être fondées fur la profpérité qu'on peut s'en promettre pour l'Etat; qu'on n'y doit pas faire attention au but. matériel, objet de la volonté de chaque Etat, et qui ne peut fervir de premiei:. principe à la politique , que lorsqu'elle veut puiler fes maximes dans l'expérience; qu'il faut déduire les maximes d*£tat de la pure idée du devoir, qu^elles qu'en puilTent être les fuites phyiiques. Et cep- t^s 9 l'univers ne croulera pas s'il y a. moins de méchans. Telle eft la nature eflenti^lle.du mal moral, que l'oppolltipai n^éme des vues de fes partifaiys le détruit; infeniiblen;ient, et que, s'anéantilTanj: luin même , il fait peu à peu place au prin*, cipe du bien moral. Objectivement ,xou dans la. théorie; il, n'y a donc pas d'oppoiition entre la mo- rale et la politique. Mais il y en aura toujours fubjectivement, c'eft: à dire, paxv ime fuite du penchant égoiHe de l'hom- me; (je dirois: dans la pratique, il ce terme ne fuppofoit pas une conduite fon* 9 Ce principe n'eft pas feulement mojL-al et ellentiel à la doctnuei . dç H vertu; i\ eSt auflCL juâdique et fe rapporte égale* meut ayi. drait des hommes. Car une maxime quç je n'ofe publier, fans agir contre me« propres fins j qui exige abfo- lument.le {ea*^t pour,7:é,uJIir, et que. je ne Xaurois avouer publiquement, fans ar- mer tous les. autree contre mon projef: une telle maxime ne peut devoir quà Tin jufiice dont elle les,me9acey cette op- pofition infaillible et univerfelle, dont la raiTon prévoit la néceûité ablolue. D'ailleurs ce principe elt purement négajtif : il ne Xert qu*à recpnnoitre ce qui eit contraire au droit des autres. — > U a révidence et la certitude àe$ axiomes, et Ton peut aiTément en faire Tapplication* Quelques . exemples puiXes dans le droit public vont le prouver. 1. Dans le droit civil on rencontre une qùellioni regardée comme très difii- 102 cile à réfoudre et qne le principe trans- cendant de la publicité tranche d*abord: lavoir, fi un peuple eft en droit de fecouer par la rébellion le joug d'un tyran (non titulo, fed exercitio talis.) Les droits du peuple font violés; on ne fait pas tort au tyran en le détrônant: cela eft hors de doute. Il n'en eft pas moins vrai que les fujets ont le plus grand tort de pourluivre leur droit de cette manière, et qu'ils ne fauroient fe plaindre d^inju- ftice, û, fuccombant dans la lutte, ils fe voy oient frappés des plus rudes chati- mens. Veut*- on décider la queftion par une déduction dogmatique des droits, on ar- gux^entera longtems pour et contre; mais notre principe tranfcendant du droit pu* blic nous épargne toutes ces diflîcultés. Diaprés lui, un peuple fe demande avant Tinditution du contract focial, s'il oferoit bien publier le deiïein qu'U auroit 105 de fe révolter dans une occaûon donnée; On voit bien que û, en fondant une con- iUtùti'on, le peuple le réfei^voit la condi- tion de pouvoir un |Dur einployer la force contre Ion chef, il a'arrogeroit un pouvoir légitime fur lui. Mais alors le chef cef* feroit de Tétré; ou û on veuloit faire de cette condition une daufe dé la conftitu- tion, celle-ci deviendroit impoIHble et le peuple manqueroit fon but. L'injuftice de la rébellion fe manifeAe donc, en ,ce que la publicité rendioit impraticable la maxime qui ,1a permet. Il faudroit par conféqtient l'a tenir fecrette. — Or, il n*en feroit pas de même du chef de TEtat. Il peut hardiment déclarer qu'il punira de mort tout auteur de révolte, lors^méme que les confpirateurs s'imagineroient que le chef a le premier violé la loi fonda- mentale de la confiitution civile; le chef doit jouir d'un pouvoir irréMible et in- violable, puisqu'il n'âuroit pas le droit »P4 de commandée à «Im^ciui,' s-Uqi'avoit pas le pouvoir de fvotég^t chaçi^u contre |fs autres. Or £9 Xent^nt reyé|.u de ^ pou- Toir, U n*a p^^ 99U>npl^s à ûraUidre.id'^gir contre fes pr^pr^^i^mes en -p]ab}iai^t fa maxime. Uua^.fîo^iiCpqueivce iu>a moins évidente de .ae priniçipe> c^^A'ique û 1^ peuple réuiHt^ans: (a léyoket lecbef ren* trant dans la claKe rdes Xa|et6> n'oXe, ni renouveller la rebelliopi pour: remonter ùix le trône, ni,. être appelle à rendre compte de fon adminiûration précé- dente. 2. Le droit des gens fuppofe un état juridique; car étant un droit public ^ il renferme déjà dans Ta notion la déclara- tion des droits que la volonté générale aAigne à chacun. Cet état juridique doit réfulter d*un pacte s^itécédent, fondé, non fur d(is loix; de contrainte^ comme le pacte ciyil, mais, /i on veut, fur un^e aflb- ciation permanente et libre, telle qUQ la fédération des Etats dont il a ^té que^ fiion plos haut. Dans rétat de nature et fans nne forte d*état juridique, qui unifie entre elles les direrfes perfonnes phyliques ou morales, -il ne peut y avoir qu*un droit particu* lier. ^>* Or, il fe manifefie également ici antre la politique et la morale qui fe rap» porte au droit, nne contrariété tout aulli aifée à lever, û on y applique le prin* cipe de la publicité des maximes. Je fuppofe toute fois que la fédération des peuples n'aura pour objet que le main- tien de la paix et non des conquêtes. — Void les problèmes fur. lesquels la politique ne s'accorde pas avec la morale, et leur folution. a) Lorsqu^un Etat a promis à l'autre des fecours, la cellion de quelque province, ou des fublides etc. on de- mande,^ s'il peut fe dédire de fa pa- ifohf au cas que le ialnt de l'Eut io6 foit compromis, en prétendant être en>4ragé fous un double point -de - vue: tantôt comme Souverain, libre de toute relponfabilité envers TEtat; tantôt comme premier t fonction- naire public, comptable à fes con* citoyens; de forte qu'il puiiTe fe ré- tracter, en cette dernière qualité,, des engagemens pris en la première. — Mais G. un Etat, ou Ton chef, r en- doit cette maxime publique, naturel- lement touâ les autres éviteroient de traiter avec lui, ou s'aiTocieroient en- tr'eux pour s'oppofer à les préten- tions ; ce qui prouve que la politi- que, avec toute fon adreiIJe,^renver- feroit elle-même Ion but, eïi ufant de francbife : et que par conféqaent la maxime en quelUon doit être injufle. b) Si une puillance s'eft rendue for- midable par fes accroilFemens , ofe l'on admettre — qu'elle voudra 107. opprimer les autres, parcequ'elle le peut; et les piiiiCances du fécond ordre font -elles pour cela en droit de Tattaquer conjointement, fans en avoir été oflFenfées? — Un Etat qui ^ déclareroit ouvertement cette maxime, ne feroit qu'empirer le mal, au lieu de l'étouffer. Car la puilTance fupé- rieure préviendroit la moindre et Tai- fociation des autres n'eit qu'un foible rofeau, incapable de ré/ifter à qui- conque entend bien le divide et imper a. Cette maxime de politi- que, rendue notoire,^ anéantit donc nécellairement elle-même fon effet, et par cônféquent elle eft injulte. c} Quand un petit Etat eit H tué de manière qu'il intercepte, entre les parties d'un grand Etat, la communi- cation néceffaire à fa confervation, le plus grand n'eft-il pas autorifé à fou- mettre l'autre, ou à fe l'incorporer? 10» Il eft âifé de s^cpperceToir qa^ do bien fe garder de laiHer tranrpiri cette maxliiae arant rexécntioc; ca ou le.9 petits £tat5 foimeroient, < bonne heure, des alliances defeniive ou d'autres grandes puiilances fe di puteroient la proie. La publicii rendroit donc cette maxime imprat cable: marque certaine qu'elle eit h jufte. Aufll peut- elle Fétre à on tr< haut degré. Car quelque petit qi foit Tobjet d'une in)u[tice> rinju&i( elle-mc^me peut être très grande. .<5. Je paile fous ûlence le droit coi mopoliûqne, parcequ*il eft très aifé d'ei former et d'en apprécier les maximes, ^ fou analogie avec le droit des gens. Voilà donc un caractère auquel noi pouvons recounoiire la non^conf ormit 109 d'une maxime de politique avec la mora* le qui fe rapporte an dreit: lavoir, Tin- compatibilité des maximes du droit pu- blic avec la publicité. Il f'agit mainte- nant d^apprendre les conditions fous les* quelles ces maximes l'accordent avec le droit des gens. Car on ne peut pas con- clure de la noÉorîété d'une maxime qu'- elle foit julî«, puisqu'on n'a pas befoin de c'acber les plans quand on a une fupé* riorité décidée de pouvoir. — Lia première condition néceJTaire pour rendre le droit public poflible, c'eli: en général l'exiltence d'un ordre juridique. Or nous avons vu plus haut qu' il n' y a pas d'autre ctat juiidique compatible avec la liberté Aea Etats > que leur aiTociatio^ fédérative pour le feul maintien de la paix. L'accord de la politique avec la morale ne peut donc avoir lieu qu'au mo- yen d'une femblable alTociation fondée /ur les principes intellectuels du droit et JLIO par conféquent nécelTaire. Toute politi- que le fonde fur ce 'fédéralisme légal, autrement elle n^elt qu^un raffinement d^injuitice. Les cafuiftes Jéfuices n^ ont pas autant de lubtilités^ que cette faoITe politique. Elle a d'abord les relt Fic- tions mentales, les équivoques qu* elle lait gliffer adroitement dans les trai- tés publics, pour pouvoir enfuite les ex- pliquer à fou avantage: comme p. e. la diltinction entre le Itatus quo de fait et de droit; — le probabilisme: pour forger des intentions hoftiles et les attiibuer aux autres; pour imaginer une fupériorité vraifembLible de pouvoir et en faire un droit en faveur duquel on puiHe miner des Etats pailibles ; — En- En le péché philofopLiq'ue (peccatillum, bagatel le) pour pouvoir regarder comme une faute très pardonnable et peut-être même comme un bien pour le genre -humain, que les grands 111 grands Etats en engloutilTent de plus pe- tits *> Le prétexte fpécieux de toutes ces maximes, c'elt la morale elle-même, dont la duplicité politique lait employer les di- Terfes branches à les fins. La bienveuil- lance eft un devoir aufli bien que le re- fpect pour les droits de TLomme: mais elle n'eit qu'un devoir conditionnel, celui- ci elt abfolu et néceUaire. Il faut être ^) Ou trouvera les exemples de Tappli- catiou de toutes ces maximes dans la dilFerta- tion de Mr. le Confeiller Garve fur l^unio.n de la politique avec la morale. 1788- Ce rcfpectable favant avoue, dès le commence- ment) être hors d^étac de refoudre totalement ce problème. Mais» approuver cett« union, fans croire qu'on puiÏÏe réfuter toutes les ob* jections qu'on y oppofe, n'elt-ce pas accorder plus qu*on ne doit A ceux qui ne fe mon- trent que trop dispofés à abufer d'uuc pareille iacilité.. H lift alTuré de n*avoiT jamais blelTé ee dernier, pour pouvoir le livrer au doux fentiment de la bienveuillauce. La politique f^accor- de aifément avec la morale, entant que cel- le-ci règle les moeurs, pour pouvoir aban- donner les drçits des hommes à leurs fupé- rieurs; mais pour la morale, entant qu'- elle établit les droits de Thomme, au lieu de fe poftemer devant elle» comme elle le devroit, la politique trouve à propos de la combattre et de lui disputer toute réalité, fc retranchant à réduire tous les devoirs à la bienveuillance. Or cet arti- fice d'une politique ténébreufe feroit bien- tôt démasqué par la publicité de fes maxi- meS) que les philolophes produiroient au grand jour, ii elle avoit feulement le cou- rage de leur permettre Ja publication de leurs principes. Dans cette vue, je propofe un autre principe transcendant et afHrmatif du droit public, dont la formule feroit: ^lîtiqse C3ral. lires- '• Car, £ cîle» se pcîiTenî pr?dui:^ leur effet qa*aiL^Âi:t qu'elles fonî notoires, il faut qu'elles s'accordent avec le but £:è- néral du public, avec le bouheur: par confequest, elles conviennent à la polili- quf; qui s^occupe à im3£^er un état da diofes, dont chacun puiiTe eue contenL Et II ce but ne peut s^atteindre que par la publicité des maximes qu'on propoLe, c'eft à dire, quen écartant d*elles tout fujet de défiance, il faut encore qu*clles foient conformes aux droits du public: seul point de réunion oii puillent fe laf- fembler les lins particulières de tous. Je renvoyé à une autre occaiion le drvclop- pement de ce principe. J'ajoute feule* ment, qull eft transcendant > puisque fa formule ne renfeime rien de uiatéricl, rlnn ii4 qui le rapporte à la doctrine du bonliév et qu'il faille puifer dans rexpérienc< elle ne vife qu' k la forme d'univerfali qui donne force de loi aux maximes» S'il eft du devoir, G, Ton peut mêa concevoir rdpérance, de réalifer, quoiqt par des progros fans fin, le règne d droit public; la paix perpétuelle, qui fucc dera aux trêves, jusqu'ici nommée traités de paix, n'elt donc pas ur chimère, mais un problème dont le tem vraîfemblablement abrégé par Tuniformil des progrès de l'elprit kumaîn> nous pr( met la folution. Fin.